L'amour du prochain
de Hugo Claus

critiqué par Pucksimberg, le 30 novembre 2013
(Toulon - 44 ans)


La note:  étoiles
Des nouvelles bizarres, vraiment bizarres ...
Les nouvelles d'Hugo Claus ne cessent d'interroger le lecteur même lorsque le livre est fermé. Les univers décrits mêlent le monde du rêve à celui des pensées et de la réalité. On ne sait jamais avec certitude où l'on se trouve. L'on peut sans doute établir des liens entre ces textes et le réalisme magique qui a marqué de nombreux pays sudaméricains, tout comme le continent asiatique avec Haruki Murakami.

Le lecteur est donc ébranlé dans son rapport au réel. L'un des personnages converse avec un taureau. Dans "Olga et moi", le personnage féminin en a assez de marcher et s'envole tout en continuant à communiquer avec le narrateur. Cette nouvelle aurait bien plu à Dino Buzzati ... Dans "La Femme de mon ami", un enfant naît avec une tête de raie. Dans " un cercle étrange", l'on assiste à une scène érotique dans un train, scène des plus originales ... Dans " Le Cadeau d'anniversaire", il est un magasin où l'on peut acheter des vieilles dames ... Les nouvelles d'Hugo Claus ne sont pas réalistes et nous emportent dans un univers qui semble projeter l'inconscient de l'auteur. Il est difficile de rationaliser quand on lit un tel auteur. Il faut accepter de côtoyer le mystère et de le laisser planer.

Les scènes décrites sont très visuelles, alternant parfois érotisme et violence. La réalité dépeinte est bien souvent cruelle, mais s'équilibre avec ce monde onirique qui tempère les descriptions.
Lire Hugo Claus, c'est accepter d'être décontenancé et de voyager dans des sphères étranges, si proches de notre monde et en même temps si éloignées.