Le roi et l'horloger de Arnaldur Indridason

Le roi et l'horloger de Arnaldur Indridason
(Sigurverkid)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Saint Jean-Baptiste, le 8 mai 2023 (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 89 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 105ème position).
Visites : 2 855 

Il était une fois…

Cette histoire pourrait commencer comme un conte : il était une fois un méchant roi et un gentil horloger ; mais ce ne serait pas un conte du genre : « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Un vieil horloger qui a passé sa jeunesse en Islande vit au Danemark et s’est mis en tête de réparer une horloge très célèbre qui se trouve dans les réserves du palais royal. Dans ce palais vit le Roi du Danemark. Nous sommes au XVIIIème siècle et, à cette époque, l’Islande était une possession danoise. Le Roi du Danemark s’intéresse aux travaux de l’horloger et entame avec lui une série de conversations qui font la trame du roman. L’horloger lui raconte ce que fut la vie de ses parents dans cette rude Islande qui vit sous la coupe des lois tyranniques imposées par le Danemark. Le Roi, de son côté, se laisse aller à raconter à l’horloger des intrigues de la Cour et, petit à petit, il lui révèle quelques frasques de jeunesse, dont il n’a pas lieu d’être fier.

Ce serait dommage d’en dire plus parce qu’il faut laisser au lecteur le plaisir de la découverte.

Ce roman nous fait voyager d’Islande à la Cour du Roi en passant par les quartiers louches de Copenhague pour en revenir toujours à l’atelier de l’horloger, où l’histoire se raconte. Et elle est très bien racontée, lentement mais sans longueur. Les personnages sont bien décrits et très attachants, ce sont des vrais personnages de roman. C’est finalement un beau livre, un très bon moment de lecture.

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remonter le temps

10 étoiles

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 76 ans) - 5 février 2025

Avis aux fans d’Arnaldur Indridason : ne cherchez pas dans ce roman une quelconque énigme à résoudre ni une analyse sociologique de l’Islande actuelle sur fond d’enquête policière. Le lecteur est ici plongé dans le passé de l’Islande et du Danemark, au dix-huitième siècle exactement. À cette époque régnait en Islande, alors lointaine colonie du royaume de Danemark, une étrange série de lois scélérates, appelées Storidomur (Jugement suprême), permettant de condamner quiconque avait eu des relations hors-mariage et de s’approprier ses biens sans autre forme de procès. C’est ainsi que le jeune Jon Sivertsen s’est retrouvé privé de ses deux parents, tous deux condamnés à la peine capitale, et est parvenu jusqu’à Copenhague pour exercer le métier d’horloger. Sa vie va basculer lorsqu’il va se trouver en présence d’une horloge extraordinaire, réplique en miniature de la célèbre horloge de la cathédrale de Strasbourg, abandonnée et passablement démantibulée depuis deux siècles dans un sombre recoin des réserves du château royal. Armé d’un savoir-faire lui-même assez extraordinaire, il va se mettre en tête de la remonter et la faire fonctionner, exploit que les meilleurs horlogers de l’époque n’avaient jamais réussi à accomplir. Un travail de longue haleine, qui va l’amener à côtoyer le souverain lui-même au cours de ses visites nocturnes, en petite tenue et passablement éméché. Le dialogue étrange qui va s’installer entre eux va amener notre horloger à faire ressurgir le passé, ce passé tragique qu’il aurait préféré oublier, sous le règne du père du roi actuel, une histoire que ce dernier l’oblige à raconter car il lui rappelle son propre vécu. Un duel entre deux volontés farouches, mettant à jour un pan méconnu de l’histoire de l’Islande, doublé d’une analyse psychologique très fine des rapports affectifs complexes entre les individus. Malgré l’absence de trame policière, on retrouve les thèmes chers à l’auteur de "La cité des jarres" : la mort, l’absence, le déni, qu’il s’agisse de paternité ou d’amour, et toujours la dureté de la vie au pays du feu et de la glace.

Tempus fugit

9 étoiles

Critique de Patman (Paris, Inscrit le 5 septembre 2001, 62 ans) - 2 janvier 2025

Jon Sivertsen, Islandais d'origine, est horloger à Copenhague en cette fin du XVIIIème siècle sous le règne du roi Christian VII, règne tout théorique en fait, car en réalité, c'est son fils, le Prince héritier Frédéric qui tient fermement les rênes du pouvoir.
Un beau jour, un régisseur du Palais de Christianborg vient chercher Jon pour effectuer une réparation sur une pendule du palais. Jon en profite pour demander l'autorisation d'admirer un chef d’œuvre du maître-horloger suisse Isaac Habrecht (un mécanisme génial vieux de plus de deux siècles) dont il sait qu'il est entreposé dans les collections du palais. Sivertsen, ému par l'état de délabrement de la pendule d'Habrecht, obtient l'autorisation du régisseur de tenter de la restaurer, voire même de réussir à la remettre en état de marche. Chaque soir, il rejoint les caves du palais pour s'atteler à la tâche, jusqu'au jour où arrive un invité surprise, le roi en personne. De cette première rencontre va naître une improbable et ambigüe amitié entre ce monarque à moitié fou et l'humble horloger. Sivertsen raconte au roi sa jeunesse et la condamnation à mort de son père, autrefois, dans son Islande natale, une histoire qui renvoie Christian VII à ses propres fantômes, et Dieu sait s'il y en a beaucoup !
Un très beau roman historique signé Arnaldur Indrirdason. Deux histoires racontées en parallèle, d'un côté la triste réalité de la vie particulièrement rude des habitants de l'Islande alors colonie danoise, de l'autre, la relation complexe entre le roi dépressif Christian VII (tour à tour attachant et exaspérant) et le pauvre Jon uniquement obsédé par l'idée de restaurer la pendule d'Habrecht et prêt à tout pour y arriver.

Très bon moment de lecture, même si les noms de lieux islandais sont parfois difficiles à prononcer !

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