Traversée de la Mangrove de Maryse Condé
Catégorie(s) : Littérature => Francophone

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Faire un Faulkner
Telle est la meilleure expression pour qualifier ce roman.
Car étrangement , sur le fond et sur la forme, il est semblable à "Tandis que j'agonise" du célèbre auteur américain.
Cette oeuvre de Condé possède cependant les caractéristiques propres à son auteur, voire son langage simple, dénudé et objectif des gens de la Guadeloupe.
"Traversée de la Mangrove" offre les points de vue des gens de Rivière Au Seul sur la mort d'un étranger, Francis Sancher, installé depuis peu dans leur village. Condé démontre avec justesse et sans jamais déborder, l'esprit de clocher de la campagne Guadeloupéenne et les préjugés qui minent le coeur de ses habitants et qui les tournent les uns contre les autres.
Oui, Condé a fait un Faulkner, mais épicé à la saveur qui a fait sa spécificité.
Un classique pour tous les fans de Condé et de son écriture dénudée qui rend objectivement la nature de gens simples.
Les éditions
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Traversée de la mangrove [Texte imprimé] Maryse Condé
de Condé, Maryse
Gallimard / Collection Folio.
ISBN : 9782070385461 ; 8,60 € ; 01/01/1992 ; 244 p. ; Poche -
Traversée de la mangrove
de Condé, Maryse
Mercure de France
ISBN : 9782286464660 ; 4,66 € ; 01/01/1989 ; 265 p. ; Broché
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Les critiques éclairs (5)
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Roman choral

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 68 ans) - 17 mars 2025
Il y a du Godot (plus que du Faulkner) dans ce Sancher là.
Oui ils s’y mettent à beaucoup, 19, pas moins, au cours d’une veillée funèbre pour chacun évoquer un bout de ce qu’ils ont perçu d’un étranger venu s’installer il y a finalement peu de temps (quelques petites années) à Rivière au Sel, leur village en Guadeloupe.
En fait, Maryse Condé veut, plus probablement, nous donner à connaître de son pays profond via des réflexions d’individus lambdas, représentatifs probablement chacun d’éléments de la population guadeloupéenne. Nature et population, mais en tous cas guadeloupéennes. Et tant pis pour Francis Sancher qu’on laissera à la fin du roman dans sa caisse en bois, prêt à être enseveli, emportant ses mystères que Maryse Condé s’empresse de ne pas dévoiler, faisant confiance à ses lecteurs pour finir le « boulot ».
Au cours de Traversée de la mangrove, et à travers les nombreux personnages qui prennent la parole pour nous donner leur version de Francis Sancher, Maryse Condé en profite pour balayer large les problématiques ; la société guadeloupéenne, les séquelles de l’esclavage, du colonialisme, la misère consubstantielle …
Maryse Condé a trouvé le moyen de faire passer beaucoup d’idées et de convictions de manière non didactique, via un roman … qui n’en est pas vraiment un !
Une histoire qui tourne en rond.

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 89 ans) - 19 février 2025
Personnellement j’en ai retenu deux choses : la première est que, dans ces populations mélangées, le racisme est terriblement tenace. La seconde, c’est que toutes les femmes du lieu ont des vies épouvantables. J’ajouterai, sans vouloir faire le vilain coco, que l’histoire est écrite par une femme plutôt portée sur le sexe et alors, selon une règle qui semble désormais bien établie, dans cette histoire tous les hommes sont des salopards ou des vauriens. Ce qui, en fait, ne dérange en rien la lecture. Ce qui pourrait déranger la lecture c’est que les personnages sont stéréotypés, leur parcours est parfois embrouillé et les liens qui les lient entre eux sont souvent difficiles à démêler.
Mais en réalité, il semble qu’il aurait été possible de faire une lecture beaucoup plus intéressante de ce livre. Il aurait fallu savoir que Maryse Condé était originaire de la Guadeloupe et que son livre avait pour but de montrer comment les populations de son île avaient gardé en mémoire les souffrances d’un passé de colonialisme et d’esclavagisme.
Je pense qu’il aurait fallu pour ça que l’éditeur donne un avertissement au lecteur, qui lui aurait donné les clés de compréhension du projet de l’autrice. Faute de quoi, il est à craindre que le lecteur lambda restera sur l’impression d’avoir passé un agréable moment de lecture, qu’il aura, je le crains, vite oublié.
Pour terminer sur un sourire, je dirais que, comme je n’ai pas élucidé le mystère de la mangrove, je reste sur l’impression que, pour cette « traversée », l’autrice… m’a mené en bateau.
Un village uni par un vagabond

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 55 ans) - 18 février 2025
Si en apparence, le livre semble être un simple roman choral qui parle de rien et de tout à la fois, en fait il nous rappelle que tout est interconnecté, les uns avec les autres, le présent et l’Histoire, les vivants et les morts.
Avant tout c’est l’écriture de Maryse Condé qui m’a séduit, colorée et imagée, une brise des caraïbes durant cet hiver très froid. Comme une mangrove, il s’agit d’un bel enchevêtrement de racines exposées. Une métaphore appropriée pour illustrer une société complexe.
le retour du cubain

Critique de Jfp (La Selle en Hermoy (Loiret), Inscrit le 21 juin 2009, 76 ans) - 8 avril 2020
J'ai eu du mal à accrocher

Critique de PA57 (, Inscrite le 25 octobre 2006, 42 ans) - 8 août 2008
En bref, pas mauvais, mais un peu trop décousu pour moi.
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