Les institutions invisibles de Pierre Rosanvallon

Les institutions invisibles de Pierre Rosanvallon

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités , Sciences humaines et exactes => Histoire , Sciences humaines et exactes => Philosophie

Critiqué par Veneziano, le 26 octobre 2024 (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 47 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (25 862ème position).
Visites : 2 119 

Autorité, confiance et légitimité

Trois concepts fondamentaux de la vie politique fondent la démocratie. Il ressort de leur caractère incontournable qu'ils représentent des piliers implicites, relevant du non-dit, d'on l'expression d'institutions invisibles. Ces dernières, au nombre de trois, comme les termes de la devise de la République française, sont l'autorité, la confiance et la légitimité qui sont attachées à l'exercice des mandats politiques. Ces qualités leur sont reconnues d'emblée et en soi, et fondent ainsi le pacte politique.
L'éminent historien retrace l'histoire de sur fondement, pour ensuite décrire leur remise en cause, par le divorce entre la raison et le sens commun, la fin du caractère automatique de ces qualités attribuées aux gouvernants et l'évolution de la manière de gouverner.
Cet ouvrage est théorique, assez exigeant, mais néanmoins important pour comprendre la crise du politique aujourd'hui. Il est à méditer pour saisir combien cet ouvrage constitue une invitation à se ressaisir, à se remémorer ce qui fait société et comment fonctionne la politique dans la société en soi, indépendamment du contexte et des circonstances, si prégnants soient-ils.

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Liens de la cohésion collective

8 étoiles

Critique de Colen8 (, Inscrite le 9 décembre 2014, 83 ans) - 7 mars 2025

Les institutions politiques sont une chose. Même en démocratie dotée d’une constitution, d’élections citoyennes régulières libres et de pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire séparés elles ne peuvent maintenir la cohésion populaire par elles-mêmes. Il leur faut ces liens cachés à partir desquels l’essai de philosophie politique.de Pierre Rosanvallon fonde la bonne marche de la société dans une démocratie apaisée.
La Grèce classique les a identifiés, le Moyen Âge s’en est inspiré, la Révolution a tenté de les consacrer, dans le but de privilégier l’intérêt général commun. Les facteurs collectifs relevant des institutions invisibles dont il est question ici sont la confiance, l’autorité et la légitimité. Pour en comprendre les concepts, en préciser l’acception il s’avère utile de remonter aux écrits et aux exemples tirés des fils de l’histoire occidentale.
La confiance au-delà de la communauté familiale ou sociale immédiate s’appuie sur le crédit accordé à d’autres entités plus lointaines. Elle possède une valeur morale à laquelle est associée un ensemble de règles et de sanctions. Sans la confiance entre partenaires le développement du commerce n’aurait jamais existé. Après le constat sont venues plusieurs formulations théoriques depuis le début du siècle dernier.
Pareillement l’autorité dont les sens et les fonctions à retenir se sont précisées depuis la république romaine jusqu’aux maîtres, savants et penseurs contemporains participe au socle du bien commun. De même pour subjective que soit la légitimité par rapport à la légalité, la perspective de sa contribution au collectif se dessine dans la valorisation encore une fois de la morale mais aussi dans celle du droit naturel.

Forums: Les institutions invisibles

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Les institutions invisibles".