Lisières de Jean Jauniaux

Lisières de Jean Jauniaux

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 28 janvier 2025 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 77 ans)
La note : 8 étoiles
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Au bord de l'eau en Flandre

J’ai découvert Jean Jauniaux à Noël 2023 en lisant « Les mots de Maud » et à nouveau à Noël, mais cette fois-ci 2024, en lisant « Le jugement des glaces ». Après la lecture de ces deux romans, je viens de lire Jean dans de la poésie, une autre facette de son talent mais toujours le même tropisme pour sa petite ville de cœur : Saint-Idesbald sur la côte flamande belge. Dans ce recueil, il décrit les lisières, les limites, les subtiles ruptures, …, entre les mondes, entre le continent et la mer, entre les sentiments, entre les sensations, entre la vie encore et la mort déjà.

Il évoque ce plat pays qui est le sien tout autant que celui de Jacques Brel qu’il évoque dans sa poésie. Ce plat pays noyé dans une brume quasi permanente. « Une brume mélancolique / dissimule les mornes méandres /d’un fleuve ou d’un marais. / Nul ne sait ». Cette brume qui donne tout son charme à cette terre en lisère de la mer, cette fin d’un continent. « Les brumes que soulève la terre / l’aube glacée de Flandre / flottent à la surface délétère / des canaux ensommeillés. / A leurs berges sablonneuses, paissent des ânes rêveurs ». Cette brume qui contribue a donné une lumière si particulière aux toiles des maîtres flamands. « Avec un ciel si bas qu'un canal s'est perdu », comme le chantait le Grand Jacques

Cette lisière et celle aussi du monde de l’eau, du monde où voguent les bateaux qui naviguent aussi souvent dans les vers de Jean. « Dire ces navires / tenus en laisse au quai /comme des rêves abandonnés / au port des destins inachevés / … ». « Aux rivages des océans, / aux berges des fleuves, / aux quais des canaux, / attendent les bateaux. // Tenus en laisse / étranglés par les marres / ils espèrent comme moi / le départ / l’ailleurs / … ». Monde l’eau, monde de la brume qui nimbe les poèmes de Jean.

Le poète jette aussi un œil au-delà de sa terre natale, il dénonce les guerres tueuses qui jettent de nombreux migrants aux confins du continent - cf. : « Le jugement des glaces » - il évoque aussi les petites et les grandes choses de la vie : l’amour, la mort et tout ce qui peuple la vie d’un être sur terre au bord de l’eau ou ailleurs même… « Le chemin (qui) nous a menés / plus loin que nos rêves / dans ces contrées contraires / Ces lieux à l’envers / … ».

Et, je voudrais pouvoir, comme l’auteur, écrire un jour : « j’ai navigué ma vie dans le vent / j’ai dérivé sans vagues / J’ai piétiné les vertiges du silence. / J’ai ri de ma propre misère ».

Ce recueil n’est complet que si l’on cite la préface d’Eric Brognier et le texte liminaire en prose que l’auteur consacre à une lettre de l’arbre au poète en forme de touche écologique à son texte.

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