La maison de papier de Françoise Mallet-Joris

La maison de papier de Françoise Mallet-Joris

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Alma, le 9 février 2025 (Inscrite le 22 novembre 2006, - ans)
La note : 7 étoiles
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La charge mentale d'une autrice, mère de 4 enfantss

Un roman autobiographique qui a eu son heure de gloire à sa sortie en 1972, à l'époque où l'éducation des enfants commençait a se libéraliser, 2ans après la parution de LIBRES ENFANTS DE SUMMERHILL.
Françoise Mallet Joris y relate le quotidien de sa famille : celle d'une famille de bourgeois bohèmes, anticonformistes avec 4 enfants de 6 à 14 ans avec lesquels elle entretient un dialogue constant et approfondi .
Elle les élève librement , sans réelle contrainte , mais veillant toujours à leur voir respecter les valeurs de l'Evangile : respect de l'autre dans la mixité sociale , solidarité, tolérance.

Le père est peintre : un créateur qui plane un peu au dessus des contingences matérielles 

La mère est celle sur laquelle porte une lourde charge mentale, tiraillée entre son travail d'écrivain qui suppose le silence, la concentration, sa fonction de journaliste qui impose de nombreuses rencontres, sa mission de membre du comité de lecture des éditions Gallimard et sa qualité de mère de famille .
Son rôle de maîtresse de maison, elle le délègue à des employées successives, embauchées selon « des affinités électives » , surtout des immigrées qui amènent leurs propres enfants dans l'appartement, faute de pouvoir les faire garder, et le plus souvent impuissantes à faire régner l'ordre dans les vêtements ou les objets .

La maison s'ouvre à des animaux : chiens perdus, tortue, pigeon....., aux parents de l'auteure , aux amis, à des gens du quartier, des copains des enfants, des personnes à la rue envoyées par le Secours catholique ...
Donc, beaucoup de passages dans cette famille accueillante et non consumériste . Il y règne ce qu'on pourrait appeler « un joyeux bazar ».

Le titre LA MAISON DE PAPIER connote le matériau de l'écrivaine qu'est Fançoise Mallet-Joris, celui aussi du père qui est artiste peintre, ainsi que l'importance de la lecture . La famille se retrouve parfois pour des soirées où bougies, gâteaux à volonté favorisent le partage, chacun présentant aux autres des textes qu'il a aimés.
Cette maison de papier, ce n'est pas une maison derrière laquelle on se replie, craintifs. C'est plutôt celle qui dans laquelle on entre facilement. Le titre connote également la fragilité , son caractère éphémère , mais c'est celle où l'on entre facilement « comme dans un café, une gare ou une église »

Ce roman dont l'écriture est pleine de vivacité se présente sous la forme d'une succession de scènes de longueur très variable ( allant de 10 lignes à 8 pages), Il alterne librement des anecdotes, de « mots d'enfants » , des réflexions sur le sens de la vie. Le lecteur y passe un peu du coq à l'âne .
Sa forme est à l'image de cette famille atypique qui semble n'avoir aucune règle d'organisation ,
Francoise Mallet-Joris s'y comporte comme dans la vie où elle accumule les fonctions et où elle doit être partout à la fois.

C'est souvent savoureux, mais cette compilation de 320 pages a fini par me paraître bien longue.

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