Le pouilleux massacreur de Ian Manook
Catégorie(s) : Littérature => Francophone

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Retour à la « franchitude », pas crédible
Le Ian Manook (alias Patrick Manoukian) qui nous a fait voyager à travers ses romans en Mongolie (la série Yeruldelgger), en Islande, en Arménie aussi (en remontant le passé et en évoquant le génocide arménien par les Turcs), nous la joue ici retour au bercail. Au bercail ? En France, en 1962, dans les banlieues déshéritées parisiennes, là où la ghettoïsation commence entre quartiers arménien, portugais, algérien …
Mais trop, c’est trop. C’est probablement largement inspiré de la propre jeunesse de l’auteur mais les limites de la crédibilité sont largement explosées. Un meurtrier qu’on laisse plus ou moins en paix, des vols de voitures connus qui restent sans conséquences, un commissaire Martineau qui transige avec les lois pour écouter son cœur et ses sympathies … C’est gentil mais on n’y croit pas une seconde.
Cela dit le tableau qui est brossé des banlieues de l’époque et de « l’ambiance » qui y régnait est certainement bien restitué mais de là à vouloir absolument tout positiver pour aboutir à ce qui pourrait être une fin « happy » - mais qui n’en est pas …
»Je m’appelle Sorb. Je n’ai pas choisi. C’est le diminutif de Sorbonne. Ceux de la bande m’ont donné ce surnom parce qu’ils me trouvent plus instruits qu’eux. Figos et moi sommes les seuls à aller à la fac. Ou à y être allés … »
Sorb, donc, va être le fil rouge de ce roman. C’est son histoire dans cette époque charnière de ses 20 ans, peu ou prou, qui est racontée. A ses heures perdues – et il en a pas mal des heures perdues, la faculté ne semblant pas le mobiliser plus que ça – il « voyoute sur la lande », comme le chantait François Béranger – au sein d’une bande, la bande du quartier. Et ça commence fort, avec une ouvrière qui se fait défoncer le portrait et perd la vie en allant travailler, un crime qui va rester largement impuni alors que l’enquêteur, le commissaire Martineau, semble savoir à quoi s’en tenir et puis vas-y que je vole des voitures comme on piquerait une pomme à l’étalage d’une épicerie … Pas crédible pour un sou, hélas.
Et puis vient un épisode congolais, puisque Figos, un de la bande, prend la décision de partir faire le mercenaire là-bas. On retrouve la plume enfiévrée de Ian Manook, manifestement plus à l’aise hors du glauque des banlieues. Alors glauque ça le reste largement, mercenaire ce n’est pas trop « politiquement correct » ! Mais la lecture s’accélère, les pages se tournent plus vite. Oui, vraiment, Ian Manook est inspiré sitôt qu’on le sort du cocon anesthésiant français, même si ce qu’il décrit des banlieues françaises n’est pas tendance « cocon ».
Sorb va tenter le coup là-bas. Le coup sera vite avorté et il passe près d’y laisser sa peau. Son père va le récupérer, histoire d’une digression mode familial gentil. Il va revenir et …
Et bien il faut le lire, je ne vais pas tout vous dire quand même ! Il faut le lire mais certains épisodes sont à considérer avec du recul.
Les éditions
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Le pouilleux massacreur
de Manook, Ian
la Manufacture de livres
ISBN : 9782385531041 ; 18,90 € ; 15/08/2024 ; 320 p. ; Broché
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