Francia
de Nancy Huston

critiqué par Marvic, le 17 février 2025
(Normandie - 66 ans)


La note:  étoiles
La liste de ses clients
Né Ruben, Ruby est heureuse de vivre une étape importante de sa transformation, qu’elle appelle sa parousie, sa renaissance avec l’implantation de prothèses mammaires
"Une chirurgie de routine pour lui (le chirurgien), et pour l’opérée, une révolution existentielle."
C’est aussi le jour où, attendue avec impatience par ses amies, elle dévoile son nouveau nom : Francia.
Francia parce qu’elle rêve de quitter la Colombie pour "Paris France" où elle travaillera au Bois de Boulogne.
On découvre la vie de ces personnages, de leurs conditions fragiles, dangereuses, de la fréquente dépendance à la drogue, des filles assassinées, violées, torturées, tuées, les endroits où se retrouvent les différentes communautés, filles de l’est, d’Asie,les trans... mais aussi la solidarité entre elles ; et Francia est particulièrement appréciée pour sa taille et sa morphologie.

Et puis la clientèle de Francia .
Les chapitres racontant l’enfance difficile de Francia alternent avec ceux parlant de ses clients (la numérotation change de chiffres romains et arabes ainsi que la typologie) ; des portraits d’une incroyable diversité, jeunes, vieux, en couple, un Immortel, un homme politique, un jeune homme timide, des ex prisonniers...
" Une femme-homme, c’est intéressant d’être les deux à la fois. C’est dur aussi."

Il en résulte un livre peu agréable à lire. L’autrice, sous le nom de la Griffonne, prévient au début du livre, qu’elle interviendra parfois, de façon curieuse. Si on comprend sa révolte, sa colère, son implication dans le combat de ces femmes exploitées, les quelques pages relatant le portrait, l’histoire, l’enchaînement de faits, de circonstances, ou ses visites à Francia, ne m'ont pas passionnée.
C’est probablement le cloisonnement narratif entre Francia et ses clients. Et c’est peut-être ce manque d’humanité pour cette formidable femme qu’est Francia (ou autre prénom) qui empêche une complète adhésion à cette lecture.
Ce qui m'arrive assez rarement quand je lis cette autrice.