Histoire de la prostitution de Brigitte Rochelandet
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire

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Sujet ... scabreux
Un livre bien écrit qui fait magnifiquement le tout de ce sujet … scabreux.
Le mieux est de pointer quelques extraits :
- Se prostituer est geste intime, volontaire ou non. La femme offre une partie de son corps, le plus souvent le sexe, à un client contre de l’argent. Deux raisons contribuent à cet acte : répondre aux pulsions masculines face au désir charnel et permettre à la vendeuse de vivre ou survivre financièrement. En théorie, la marchande d’amour n’éprouve aucun plaisir, contrairement à l’acheteur.
- Très tôt, pour pallier la luxure ou la fornication, l’Eglise prône la chasteté, la virginité et condamne la sexualité d’une manière générale. En 590, le pape Grégoire le Grand confirme « Le désir sexuel est un péché ». Mais sans désir, pas de coït, et sans coït pas de petits chrétiens pour servir Dieu. Tourmentée, l’Eglise se résout et autorise le corps à corps seulement entre époux.
- La présence des prostituées est bien attestée dans ces siècles lointains. Charlemagne, l’empereur à la barbe fleurie, n’est guère tolérant envers elles dans son royaume : il les chasse des abords des églises, leur promet des coups de fouets et d’avoir les cheveux coupés, mais ne reproche aucun fait aux proxénètes.
- Dans les archives et autres textes, les prostituées sont qualifiées de différentes manières au cours des siècles ; les surnoms dont on les gratifie permettent d’apprécier les degrés d’intégration dans la société. Les filles pratiquant « l’amoureux mestier » sont dites fillettes, demoiselle de vie, filles de la joyeuse vie, belles dames, bonnes dames, gentilles dames, filles de joie, fillettes de pis, frotteuses des étuves, filles publiques, filles communes, fraîches dames, filles mignonnes, meschines, meschinettes, villotières, terrières des fossés, filles de Canaîe (canailles) ou sœurettes. Elles sont parfois qualifiées de débauchées, folles-femmes, foliesses, folieuses, paillardes, pêcheresses, maraudes, femmes lubriques, putes, putains et ribaudes, pierreuses.
- Les positions. La copulation est assujettie à des codes bien précis devant respecter la supériorité de l’homme sur la femme, d’où le refus d’une femme chevauchant un homme. Les médecins la combattent car cette position nuit à la conception, dit-on à cette époque. Une bonne raison pour les filles de joie de la pratiquer. De même, faire cela debout, masturber le client ou pratiquer une fellation sont condamnables. La pire des déviations citée reste « celle par derrière à la façon des juments », assimilée à un crime grave et punissable de la mort. Il est évident que nombre de positions amoureuses sont pratiquées dans les chambres des époux, des amants et des bordels, malgré leur illégalité chrétienne.
- Le siècle des Lumières se termine dans un constat d’échec au niveau de la question de la prostitution. A la veille de la Révolution, Paris compte environ trente mille prostituées et dix mille femmes galantes. La province n’est pas en reste.
- En 1880, une piqueuse de gants touche 1.5 franc par journée de douze heures, une fille de trottoir peut prétendre à 10 francs par soirée ! Tentation justifiée. Dans les arrière-boutiques de lingères, de blanchisseuses, la passe est parfois utile pour aider à finir le mois. Livrant le linge propre à domicile, les blanchisseuses sont sollicitées par de vieux messieurs, des veufs, des célibataires en mal d’affection, toutes ne résistent pas et doublent leurs gains !
- Vivant aux dépens d’une ou plusieurs filles corrompues, le proxénète apporte sa protection et son affection. Sombre personnage, sans grande moralité, il séduit ses victimes par la force, l’affection, les belles paroles, la menace ou les promesses. Il exploite la misère, la souffrance, la solitude, la naïveté et le découragement. Si la fille publique attire la compassion, le proxénète suscite dégoût et mépris.
Les éditions
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Histoire de la prostitution [Texte imprimé], du Moyen âge au XXe siècle Brigitte Rochelandet
de Rochelandet, Brigitte
Éd. Cabédita / Archives vivantes
ISBN : 9782882955067 ; 52,99 € ; 07/11/2007 ; 156 p. ; Broché
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