H
de Bernard Minier

critiqué par Bookivore, le 31 mars 2025
(MENUCOURT - 42 ans)


La note:  étoiles
H comme Hirtmann
Bernard Minier nous avait laissés, en 2023, dans le final de son excellent "Un Oeil dans la Nuit", sur notre faim, avec un cliffhanger assez insoutenable. L'année d'après, il nous offre "Les Effacées", excellent polar faisant revenir le personnage de la flic de la Guardia Civil espagnole Lucia Guerrero, qu'il avait créée pour "Lucia". Pour une nouvelle enquête avec Martin Servaz, il faudrait donc, au mieux, attendre 2025, et au pire... quand Minier se sentira l'envie d'écrire un nouveau thriller avec son personnage fétiche.

Heureusement pour nous, le cru Minier 2025, qui sort comme d'ordinaire à la même époque de l'année, sera un cru Servaz. "H", titre court, est la suite du précédent (tout en pouvant s'apprécier séparément, comme toujours), et démarre quelques mois après le dénouement du précédent opus, qui voyait un Servaz encore sous le choc de son enquête (il a subi un sérieux coup personnel, comprendra qui a lu "Un Oeil dans la Nuit") découvrir que le redoutable serial killer suisse Julian Hirtmann, sa némésis, venait de s'évader et était en cavale, et sans doute en chemin pour le retrouver et lui faire la peau.

C'est ainsi qu'au début de "H", Servaz, son fils Gustav et sa copine Léa, vivent "reclus", sur protection policière, dans une maison située au milieu de nulle part, isolée, en attendant que Hirtmann soit retrouvé. C'est alors qu'il reçoit un courrier étrange signé d'Emmanuel Sachs, fameux auteur de best-sellers spécialisés dans le true crime. Sachs lui annonce qu'il en sait long sur Hirtmann, il (Sachs) bosse avec une petite bande de détectives privés amateurs sur le Net, des web-sleuths. Il parvient à convaincre Servaz, pour le moment en disponibilité, de reprendre du service. D'autant plus qu'un journaliste spécialisé dans les faits divers est retrouvé mort pendu chez lui, et que l'on retrouve, chez lui, une maison de poupées ressemblant à s'y méprendre à celles fabriquées, dans sa cellule, par Hirtmann. Parallèlement, un animateur TV populaire et sans états d'âmes va mettre de l'huile sur le feu en annonçant publiquement qu'il entend bien interviewer Hirtmann pour faire le buzz...

Ce n'est pas le meilleur opus de Minier, mais "H" est malgré tout très réussi, et son final, encore une fois, va laisser un sacré coup, car il est, je dois le dire, particulièrement réussi. Je ne sais pas ce que l'auteur pense de son personnage principal de Servaz, mais il ne le ménage guère tout du long de cette série, et là, on semble atteindre une sorte de paroxysme. Un roman très noir, plus que de coutume avec Minier, pourtant pas très coutumier de la grande douceur...