L'or de Blaise Cendrars
Catégorie(s) : Littérature => Voyages et aventures

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Simplicité trompeuse
"L'or", c'est la formidable aventure de Johann Augsut Suter, suisse allemand qui quitta sa patrie au début du 19e siècle pour fonder la Nouvelle-Helvétie en Californie, s'enrichir et vivre dans un paradis, jusqu'à ce qu'un de ses employés ne découvre de l'or dans la propriété. Le début de la richesse? Non, le début de la fin! La nouvelle se répand comme traînée de poudre, des colons arrivent de partout, prennent possession des terres de Suter, pillent à tout va, creusent et découvrent.... la folie, qui le ruine, il n'a plus rien et quand la justice lui donne raison, c'est la vie des siens qui disparaît face à la colère des nouveaux riches. Suter s'éteindra seul, fou, malheureux et pauvre.
Ce texte de Blaise Cendrars ressemble à un roman d'aventures. Pas un récit haletant ou époustouflant, mais une épopée étonnante racontée avec des mots simples, des phrases courtes et saccadées, sans gros rebondissements. Tout se déroule d'une manière limpide, cela se lit facilement et rapidement.
A mes yeux, l'aventure n'est pas le point essentiel du récit. Je distingue entre les lignes et de plus en plus présente au fil des pages une fameuse leçon de morale sur la cupidité de l'homme, les aléas de la vie, l'impuissance de la justice et le destin jamais clairement défini. Sans s'intercaler dans le récit, Cendrars distille pourtant, avec des anecdotes ou des petits faits apparemment anodins, son fiel contre ces nouveaux riches qui pensent que tout est à eux, contre ces spéculateurs qui prennent possession de territoires sur le dos d'autres personnes (indiens ou canaques dans le cas présents, les premiers étant les dépossédés et les seconds les esclaves), contre la justice qui ferme les yeux face à la voix du plus fort (en l'occurence une masse populaire qui gronde, mais auparavant, un homme qui arrose le pays à coups de billets verts), contre la bêtise humaine saoulée par l'odeur de l'argent, contre tous ses défauts de l'homme, qui apparaissent ici dans un récit extraordinaire sur le plan des faits et formidablement juste sur le plan des travers humains.
L'argent pourrit tout, jusqu'au plus profond de l'âme. Ce n'est pas nouveau, mais c'est ici simplement et efficacement raconté.
Les éditions
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L'or [Texte imprimé] Blaise Cendrars lecture accompagnée par Sophie Doudet,...
de Cendrars, Blaise Doudet, Marie-Sophie (Editeur scientifique)
Gallimard / La Bibliothèque Gallimard.
ISBN : 9782070314645 ; 9,30 € ; 10/06/2004 ; 272 p. ; Poche -
L'Or [Texte imprimé], la merveilleuse histoire du général Johann August Suter Blaise Cendrars
de Cendrars, Blaise
Gallimard / Collection Folio.
ISBN : 9782070363315 ; 6,30 € ; 01/07/1973 ; 192 p. ; Poche -
L'Or [Texte imprimé], la merveilleuse histoire du général Johann August Suter Blaise Cendrars
de Cendrars, Blaise
Gallimard / Collection Mille soleils
ISBN : 9782070500161 ; 19,93 € ; 08/06/1973 ; 162 p. ; Relié
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Les critiques éclairs (12)
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Droit au but

Critique de Bookivore (MENUCOURT, Inscrit le 25 juin 2006, 42 ans) - 24 juin 2021
Bref, il me fallait un livre.
Or (jeu de mots !! ;) ), j'avais acheté ce livre tellement récemment qu'il sentait encore l'odeur du rayon 'livres' de la FN*C et il y avait encore l'étiquette de prix dessus.
Bon, ben voilà, j'avais trouvé mon livre à lire pendant le trajet.
La brièveté des phrases de cette critique est peut-être un hommage à l'écriture de Cendrars.
Ou pas. Qui sait.
Mais trêve de..., je commence à lire le livre dans le RER, et avant même d'être arrivé à destination finale, je l'avais terminé. Je lis vite, c'est vrai, capable d'engloutir un livre de 400 pages en une journée, mais "L'Or", des pages, il n'en fait même pas 170 (édition poche Folio). Et le style est si direct, sobre, simple, qu'il se lit encore plus facilement qu'une BD.
Comme en plus, cette histoire, inspirée de la réalité, est passionnante, ça n'a fait qu'empirer les choses en mieux, si on peut dire. Cette histoire d'émigré suisse parti aux USA du XIXème siècle pour y chercher fortune, qui fait fortune, mais qui se retrouvera finalement ruiné à cause de la présence d'or sur ses terres et de la ruée vers l'or (la première de ce nom) qui en a découlé et qui a littéralement niqué son terrain, cette histoire, surtout racontée par Cendrars son compatriote, est inoubliable.
Résistible escalade

Critique de Débézed (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 77 ans) - 28 novembre 2015
Johann August Suter, issu d’une famille de la bourgeoisie industrieuse et commerçante suisse de la région bâloise, fait de mauvaises affaires, plaque tout : famille et créanciers, pour partir à la découverte de l’Amérique où il ne sera pas poursuivi. Il entreprend un long périple d’abord à pied par la Franche-Comté et la Bourgogne avant de rejoindre Paris par le coche. Il ne s’y arrête pas beaucoup, file vite vers Le Havre où il embarque pour New-York où il exerce mille métiers pour mille misères et trempe dans autant de carambouilles pour autant de misères. Il comprend vite que l’avenir est à l’ouest, il s’installe d’abord dans le Missouri où il écoute attentivement tous ceux qui reviennent de l’ouest et comprend tout aussi vite qu’au-delà des grandes montagnes, il y a un pays à conquérir. Il entreprend une nouvelle expédition vers Vancouver d’où il gagne Honolulu puis les Aléoutiennes et enfin San Francisco qui n’est alors qu’une minuscule bourgade.
Arrivé sur sa terre promise, il travaille très fort, entreprend beaucoup, et tente de nombreuses innovations en commerçant avec les Russes, les Chinois et tous ceux qui traversent le Pacifique, il a même l’idée de faire venir des Canaques à la place des Noirs qui reviennent trop chers à importer d’Afrique en Californie. Son sens politique avisé lui permet d’éviter les embûches des guerres entre les Espagnols et les Américains et d’obtenir des territoires très importants en rendant service au pouvoir local dans la lutte contre les Indiens. Il construit ainsi un immense empire où il implante des fermes et des établissements pour la transformation de ses productions. Vers le milieu du XIX° siècle, il est devenu l’un des premiers géants de l‘économie américaine avant qu’apparaissent ceux de l’automobile, du pétrole, etc… Il est à la tête d’un énorme trust qui intègre la filière agricole de la production au négoce. Il possède la quasi-totalité de la Haute Californie.
Mais ce bel empire va un jour s’effondrer irrémédiablement quand un de ses forgerons, James Marshall, découvre des pépites d’or en creusant les fondations d’une scierie. Les ouvriers vont déserter, un flot énorme de chercheurs d’or va déferler sur ses territoires volant tout, cassant tout, emportant tout… Il se relève, rechute, conteste, devient quasiment fou, espérant toujours justice pour tout ce dont il a été spolié dont la quasi-totalité de l’emprise foncière de la ville de San Francisco.
Ce livre, c’est l’origine de la ruée vers l’or, l’histoire de la naissance de l’Etat de Californie, de la fondation de San Francisco, l’épopée extraordinaire d’un pauvre suisse failli mais surtout l’histoire d’une malédiction, de la malédiction de l’or qui rend fou aussi bien le vieux Suter qui croit posséder une part de tout l’or trouvé ou à trouver en Californie, que son forgeron qui voit de l’or partout depuis qu’il a ramassé les premières pépites. Cendrars est allé au-delà de l’épopée, la folie le hantait, il l’a trouvée dans cette aventure où il a voulu voir une forme de morale : la fortune mal acquise rend malade et condamne ceux qui en profitent.
efficace

Critique de Ravachol (, Inscrit le 24 octobre 2010, 41 ans) - 30 décembre 2011
Ce roman est très bon lorsqu'il décrit les paysages en mutation, après la découverte d'or. Ces villages qui se désertifient, ces hommes incontrôlables qui semblent hypnotisés par leur soif d'argent.
Mais finalement, "L'or" est un grand roman dans sa manière de décrire la chute d'un homme qui a tout. Optimiste ou effrayant, Cendrars a su montrer que rien n'est prévisible et stoïque, que l'on n'est pas à la merci d'un changement radical et que nul, riches comme pauvres, ne peut s'estimer protégé. Magnifique
La ruée vers l'or

Critique de Kabuto (Craponne, Inscrit le 10 août 2010, 64 ans) - 27 décembre 2010
Un très bon roman

Critique de Yeaker (Blace (69), Inscrit le 10 mars 2010, 51 ans) - 30 septembre 2010
L'essentiel étant que personne ne perdra son temps en lisant ce court livre qu'on peut qualifier de roman d'aventure dans la conquête de l'ouest. Evidemment c'est surtout une histoire d'hommes.
Le plus connu mais le moins représentatif de Cendrars

Critique de Popaul (, Inscrit le 13 octobre 2008, 54 ans) - 7 octobre 2009
Une constante chez Cendrars, sa capacité à broder autour d'un fait réel. Et c'est ce qui fait la magie de cet auteur.
Du coup, l'ouvrage n'est pas un précis d'histoire sur la naissance de la Californie, mais comme se plaisait à le dire son auteur "une œuvre d'artiste, et non pas d'historien" ... Pas étonnant dès lors (l'or ?), que la parution du livre outre-Atlantique ait été suivie de critiques parfois virulentes à l'égard du Frenchy qui avait osé toucher au mythe d'un des pères fondateurs ! Car il est vrai qu'au détour des invraisemblances ou autres incohérences historiques, le Général Sut(t)er n'en sort pas forcément grandi.
Mais réduire le livre à cette polémique serait vraiment dommage car il n'en reste pas moins que ce roman est captivant, facile à lire et idéal pour aborder Cendrars, même s'il est assez peu représentatif de ses autres œuvres.
l'or a ruiné Sut(t)er mais l'Or a été un succès de Cendrars

Critique de Killeur.extreme (Genève, Inscrit le 17 février 2003, 43 ans) - 25 mai 2009
Le style est assez journalistique s'intéressant à Suter allant directement aux faits, pas de descriptions en profondeur des lieux et de l'époque, juste assez pour que le lecteur puisse imaginer l'époque, Cendrars ne quitte que très rarement son sujet, Suter.
Un écrivain d'origine suisse qui raconte le destin d'un autre Suisse.
La naissance de la Californie

Critique de Oburoni (Waltham Cross, Inscrit le 14 septembre 2008, 42 ans) - 1 février 2009
Quelques détails en plus : capitaine dans l'armée suisse, il s'était en fait enfui en Amérique pour échapper à des dettes... n'hésitant pas à abandonner femme et enfant, obligé alors de se débrouiller avec SES problèmes !
Après la ruine de sa "Nouvelle Helvétie" son fils John August Suter Junior exploitera les terres de son père pour y créer une ville : Sacramento.
Navrant, triste et révoltant tout à la fois.
L'orgueil, l'égoïsme, l'hypocrisie, la cupidité vorace... Un tableau bien noir !
Suter qui s'accapare les territoires indiens -qu'il exploite sans scrupule sur ses fermes- avant de se faire ruiner une décade plus tard par une meute qui s'accapare à son tour ses terres... Quelle leçon et quelle vie tragique !
Une aventure à découvrir.
S'empirer

Critique de DomPerro (, Inscrit le 4 juillet 2006, - ans) - 24 octobre 2006
L’écriture de L’Or est à l’image de son personnage principal, le général Suter, sur lequel tout repose. Le texte défile lentement; le rythme est elliptique, fragmenté en courtes séquences. Le lecteur doit presque relire le texte pour s’assurer de n’avoir rien manqué. Ce récit se lit très bien, si l’on aime le style reportage de l’auteur : phrases brèves, scènes projetées sur les pages, comme lisses et informations succinctes claires et suffisantes.
Une jolie suggestion de lecture pour pénétrer en douceur dans l'univers romanesque de Cendrars.
Classique

Critique de Cuné (, Inscrite le 16 février 2004, 57 ans) - 13 décembre 2005
Malgré tout, ça reste évidemment intéressant à lire de par l'époque évoquée, la construction de la Californie, le personnage tout à fait hors du commun qu'était Sutter.
Mais je regrette fortement de lire cette histoire sous la plume de Cendrars !
Reportage

Critique de Sibylline (Normandie, Inscrite le 31 mai 2004, 74 ans) - 26 février 2005
Moi, ce qui m’a frappée dans ce récit, c’est son aspect documentaire. C’est vrai qu’il est inspiré d’une histoire vraie, mais il y a plus que cela. Il semble également que Cendrars se soit appliqué à prendre le ton d’un journaliste ou d’un historien. Loin de nous emmener un peu plus loin que la réalité des faits, il tient au contraire à nous y maintenir. Ainsi toute ces précisions historiques, les chiffres mêmes qu’il donne volontiers, renforcent encore l’impression de lire un compte-rendu plutôt qu’un roman. C’en est un pourtant et, pour preuve, je crois que si plus tard je ne me souviens que d’un passage de ce livre, ce sera celui-ci, peu après la découverte de l’or sur ses terres : «Ils ramassaient tous de l’or qu’ils échangeaient contre de l’eau de vie (…) Mes blés pourrissaient sur pied ; personne pour faire la cueillette dans mes vergers ; dans mes étables, mes plus belles vaches laitières beuglaient à la mort » Je me souviendrai de ce passage à cause du temps que j’ai passé d’abord à déplorer le gâchis puis à me demander s’il s’agissait seulement de l’effet destructeur de l’or ou si les choses auraient été différentes si cela n’avait pas été Ses blés, Ses vergers, Ses vaches…
Beaucoup aimé cette histoire, justement parce qu’elle est vraie.
La malédiction

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 68 ans) - 15 décembre 2004
C'est court, à mi-chemin du reportage et de l'épopée. Pas inoubliable mais curieux. A l'heure de l'ultralibéralisme, on voit bien dans quel camp est né l'Amérique.
Les critiques éclairs scolaires (4) » Montrer
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