Benjamin et Saule ,
Je vous assure que j'accepte très bien qu'on n'adhère pas à un livre ou un auteur. Ce que je recherche c'est l'honnêteté dans la critique et là je ne la sens pas chez SJB et sincèrement ça m'affecte. Je ne cherche pas non plus l'approbation de mon opinion. S'il y a des points ou aspects que je n'ai pas vus ou autrement ressentis, tant mieux comme la remarque de Lobe et j'aurais aimé ,comme Myrco, en connaître d'autres..Je peux comprendre que la construction gêne lorsqu'on attend autre chose, mais on est pas obligé de la démolir, ça ne me viendrait même pas à l'idée j'ai trop de respect pour ce qui est écrit et dans le cas de Maryse Condé qui certes n'écrit pas seulement pour écrire mais pour transmettre ça me choque. Il y a aussi autre chose que le style (important) ,il y a le fond et tout ce qu'il porte au niveau de la connaissance...Surtout que j'ai le sentiment que ça devenait un jeu de la part d'SJB de contrer et dénaturer l'auteure parce qu"il n'aime pas ce qu'elle représente (je sais que c'est seulement ça qui lui fait écrire de telles "indignités") ,il a le droit bien sûr mais dans le respect de la littérature puisqu'on est là pour ça ici...
Croyez bien que j'ai du respect et de l'estime pour SJB chez qui j'apprécie tant de côtés, mais là ça en prend un coup pour moi et c'est très décevant d'en arriver lâ...surtout au cours d'un échange ludique comme celui-là.
Je vous avoue que j'ai honte si des lecteurs nouveaux sur CL tombent sur des avis de cette sorte afin de découvrir une auteure aussi remarquable :-(
Je vous assure que j'accepte très bien qu'on n'adhère pas à un livre ou un auteur. Ce que je recherche c'est l'honnêteté dans la critique et là je ne la sens pas chez SJB et sincèrement ça m'affecte. Je ne cherche pas non plus l'approbation de mon opinion. S'il y a des points ou aspects que je n'ai pas vus ou autrement ressentis, tant mieux comme la remarque de Lobe et j'aurais aimé ,comme Myrco, en connaître d'autres..Je peux comprendre que la construction gêne lorsqu'on attend autre chose, mais on est pas obligé de la démolir, ça ne me viendrait même pas à l'idée j'ai trop de respect pour ce qui est écrit et dans le cas de Maryse Condé qui certes n'écrit pas seulement pour écrire mais pour transmettre ça me choque. Il y a aussi autre chose que le style (important) ,il y a le fond et tout ce qu'il porte au niveau de la connaissance...Surtout que j'ai le sentiment que ça devenait un jeu de la part d'SJB de contrer et dénaturer l'auteure parce qu"il n'aime pas ce qu'elle représente (je sais que c'est seulement ça qui lui fait écrire de telles "indignités") ,il a le droit bien sûr mais dans le respect de la littérature puisqu'on est là pour ça ici...
Croyez bien que j'ai du respect et de l'estime pour SJB chez qui j'apprécie tant de côtés, mais là ça en prend un coup pour moi et c'est très décevant d'en arriver lâ...surtout au cours d'un échange ludique comme celui-là.
Je vous avoue que j'ai honte si des lecteurs nouveaux sur CL tombent sur des avis de cette sorte afin de découvrir une auteure aussi remarquable :-(
Bonnes descriptions de la nature, j’avais l’impression de suivre les personnages, même si je n’ai jamais lu de littérature guadeloupéenne.
J’ai apprécié la construction originale du roman.
Au centre, une veillée mortuaire d’un étranger retrouvé mort.
Autour gravitent plusieurs personnages du village présents à la veillée.
Une personne par chapitre va raconter son histoire vécue avec Francis Sancher.
Cela permet de se rendre compte que l’on ne connait pas correctement les gens.
C’est un étranger, donc plus facile de le critiquer, d’en avoir peur et de faire des cancans.
Tout le monde a sa façon de le voir et le décès va même changer la vie de certains.
Beaucoup de questionnements possibles après cette lecture.
Je regrette une liste des personnages au début ou à la
fin du livre.
Très bon moment de lecture.
Je suis aussi partante pour un découpage permettant d’intervenir plus souvent.
J’ai apprécié la construction originale du roman.
Au centre, une veillée mortuaire d’un étranger retrouvé mort.
Autour gravitent plusieurs personnages du village présents à la veillée.
Une personne par chapitre va raconter son histoire vécue avec Francis Sancher.
Cela permet de se rendre compte que l’on ne connait pas correctement les gens.
C’est un étranger, donc plus facile de le critiquer, d’en avoir peur et de faire des cancans.
Tout le monde a sa façon de le voir et le décès va même changer la vie de certains.
Beaucoup de questionnements possibles après cette lecture.
Je regrette une liste des personnages au début ou à la
fin du livre.
Très bon moment de lecture.
Je suis aussi partante pour un découpage permettant d’intervenir plus souvent.
Bonnes descriptions de la nature, j’avais l’impression de suivre les personnages, même si je n’ai jamais lu de littérature guadeloupéenne.
J’ai apprécié la construction originale du roman.
Au centre, une veillée mortuaire d’un étranger retrouvé mort.
Autour gravitent plusieurs personnages du village présents à la veillée.
Une personne par chapitre va raconter son histoire vécue avec Francis Sancher.
Cela permet de se rendre compte que l’on ne connait pas correctement les gens.
C’est un étranger, donc plus facile de le critiquer, d’en avoir peur et de faire des cancans.
Tout le monde a sa façon de le voir et le décès va même changer la vie de certains.
Beaucoup de questionnements possibles après cette lecture.
Je regrette une liste des personnages au début ou à la
fin du livre.
Très bon moment de lecture.
Je suis aussi partante pour un découpage permettant d’intervenir plus souvent.
Merci Koudoux
C’est un peu décevant d’en arriver là ! Les lectures en commun devraient être une partie de plaisir et je trouve incroyable qu’on en arrive à claquer les portes ! C’est sans doute l’inconvénient d’écrire plutôt que de se parler, comme on le ferait autour d’un bon verre, dans un endroit convivial.
J’ai donné mon ressenti spontanément, comme pour lancer une discussion, sans jamais imaginer que je pourrais vexer d’autres lecteurs ou porter atteinte à une autrice dont j’ignorais tout jusqu’à son nom.
J’avais toujours pensé que des échanges à propos d’un livre ou un auteur ne tourneraient jamais à disputes, comme c’est si souvent le cas dans des discussions autour de sujets de société.
Devant de telles réactions à propos d’un livre, je dois dire que j’en tombe à la renverse !
J’ai donné mon ressenti spontanément, comme pour lancer une discussion, sans jamais imaginer que je pourrais vexer d’autres lecteurs ou porter atteinte à une autrice dont j’ignorais tout jusqu’à son nom.
J’avais toujours pensé que des échanges à propos d’un livre ou un auteur ne tourneraient jamais à disputes, comme c’est si souvent le cas dans des discussions autour de sujets de société.
Devant de telles réactions à propos d’un livre, je dois dire que j’en tombe à la renverse !
En tout cas je viens de lire plusieurs biographies sur Maryse Condé et j'ai une admiration sans borne pour cette femme en tant que telle et en tant qu'ecrivaine ! Je me suis rendue compte aussi qu'on la retrouvait dans cette traversee de la Mangrove et dans les personnages.
J’apprécie beaucoup le message de Pieronnelle qui nous donne une biographie de l’autrice. Ça donne un nouvel éclairage sur son livre ; mais on n’est pas censé connaître la vie d’un auteur avant de lire son livre.
Réflexion faite, il aurait peut-être fallu une introduction qui nous aurait mis sur la voie, en nous montrant comment l’autrice s’était incarnée dans ses personnages et dans son pays d’origine. Le lecteur lambda ne pouvait pas le deviner.
Mais comme Piero je suis heurtée par des formulations du type "pittoresque de pacotille". Je ne veux pas entrer en polémique avec toi SJB mais...
Je reviendrai un peu plus tard sur le fond qui , avec un peu de recul, me suggère quelques remarques.
Le mot « pacotille » n’est sans doute pas approprié. Si on se parlait, on m’aurait fait remarquer que ça ne convenait pas. Je me serais alors expliqué. J’aurais dit : c’est du pittoresque élaboré, recherché, c’est faire du pittoresque pour du pittoresque, c’est forcé, ça manque de naturel, etc.
Mais comme Piero je suis heurtée par des formulations du type "pittoresque de pacotille". Je ne veux pas entrer en polémique avec toi SJB mais ...
La prochaine fois, si il y a prochaine fois, je tournerai ma plume sept fois dans l’encrier avant d’écrire.
Et je tâcherai de ne pas faire de doublon dans mes messages. ;-))
Pour revenir sur le fond du roman...après quelques jours de décantation,-)
A NE PAS LIRE SI VOUS N'AVEZ PAS TERMINE
Je me dis qu'on a peut-être eu trop tendance à demeurer à la surface des choses en se focalisant sur ce qui ressort des vies et des comportements de tous ces personnages que l'on suit un moment dans ces différents chapitres et qui font la chair de ce roman.
Je note que certains d'entre vous semblent avoir été frustrés du fait que le personnage qui en est le fil conducteur qui les relie entre eux demeure entouré jusqu'au bout d'un certain mystère non élucidé.
Sans présumer des intentions de l'auteure, il me semble que néanmoins , et bien qu'ils demeurent plus ou moins dans l'ombre, ce sont bien Francis Sanchez et Xantippe les plus porteurs de sens. Xantippe est évoqué à plusieurs reprises comme un marginal fou de douleur jusqu'à inspirer la peur mais dont la présence plane sur cette mangrove. Ce n'est pas un hasard si Maryse Condé lui réserve l'ultime chapitre de son roman qui de ce fait abandonne le lecteur sur une impression marquante qui suscite réflexion.
Ce sont pour moi deux personnages presque allégoriques. Francis Sanchez n'incarne-t-il pas la mauvaise conscience de la classe opprimante dont il est issu ? MC nous laisse à penser que son ascendance à un moment a exploité des esclaves en Guadeloupe. Il aura eu beau toute sa vie tenté de racheter cela en s'engageant auprès des opprimés ,ç'aura été en vain et cette culpabilité qui le ronge aura eu raison de lui. Qu'importe dès lors finalement de connaître les détails exacts de son parcours ? Au contraire, le flou entretenu ne donne ici que plus de relief, de force à l'incarnation.
Quant à Xantippe, il porte lui la souffrance de ces esclaves des temps passés, la mémoire accusatrice.
"un crime s'est commis ici, ici même, dans les temps très anciens. Crime horrible dont l'odeur a empuanti les narines du Bon Dieu. Je sais où sont enterrés les corps des suppliciés (...)Personne n'a percé ce secret (...)Même pas lui(...) A chaque fois que je le rencontre, le regard de mes yeux brûle les siens et il baisse la tête, car ce crime est le sien. Le sien (...) je ne lui ferai rien, le temps de la vengeance est passé ".
Le temps de la vengeance est passé mais la mémoire de l'esclavage demeure comme une tâche indélébile sur le blanc dont il ne pourra jamais s'exonérer. N'est-ce pas finalement à un niveau de lecture plus profond de son roman ce que Maryse Condé voulait nous dire ?
A NE PAS LIRE SI VOUS N'AVEZ PAS TERMINE
Je me dis qu'on a peut-être eu trop tendance à demeurer à la surface des choses en se focalisant sur ce qui ressort des vies et des comportements de tous ces personnages que l'on suit un moment dans ces différents chapitres et qui font la chair de ce roman.
Je note que certains d'entre vous semblent avoir été frustrés du fait que le personnage qui en est le fil conducteur qui les relie entre eux demeure entouré jusqu'au bout d'un certain mystère non élucidé.
Sans présumer des intentions de l'auteure, il me semble que néanmoins , et bien qu'ils demeurent plus ou moins dans l'ombre, ce sont bien Francis Sanchez et Xantippe les plus porteurs de sens. Xantippe est évoqué à plusieurs reprises comme un marginal fou de douleur jusqu'à inspirer la peur mais dont la présence plane sur cette mangrove. Ce n'est pas un hasard si Maryse Condé lui réserve l'ultime chapitre de son roman qui de ce fait abandonne le lecteur sur une impression marquante qui suscite réflexion.
Ce sont pour moi deux personnages presque allégoriques. Francis Sanchez n'incarne-t-il pas la mauvaise conscience de la classe opprimante dont il est issu ? MC nous laisse à penser que son ascendance à un moment a exploité des esclaves en Guadeloupe. Il aura eu beau toute sa vie tenté de racheter cela en s'engageant auprès des opprimés ,ç'aura été en vain et cette culpabilité qui le ronge aura eu raison de lui. Qu'importe dès lors finalement de connaître les détails exacts de son parcours ? Au contraire, le flou entretenu ne donne ici que plus de relief, de force à l'incarnation.
Quant à Xantippe, il porte lui la souffrance de ces esclaves des temps passés, la mémoire accusatrice.
"un crime s'est commis ici, ici même, dans les temps très anciens. Crime horrible dont l'odeur a empuanti les narines du Bon Dieu. Je sais où sont enterrés les corps des suppliciés (...)Personne n'a percé ce secret (...)Même pas lui(...) A chaque fois que je le rencontre, le regard de mes yeux brûle les siens et il baisse la tête, car ce crime est le sien. Le sien (...) je ne lui ferai rien, le temps de la vengeance est passé ".
Le temps de la vengeance est passé mais la mémoire de l'esclavage demeure comme une tâche indélébile sur le blanc dont il ne pourra jamais s'exonérer. N'est-ce pas finalement à un niveau de lecture plus profond de son roman ce que Maryse Condé voulait nous dire ?
Réflexion faite, il aurait peut-être fallu une introduction qui nous aurait mis sur la voie, en nous montrant comment l’autrice s’était incarnée dans ses personnages et dans son pays d’origine. Le lecteur lambda ne pouvait pas le deviner.
Bonne idée, j'avais pondu une introduction pour Paul Auster mais aucune pour Maryse Condé.
En effet, je crois qu'une mise en contexte au début serait utile, À la fois de l'écrivain et du livre sélectionné.
C'est noté!
et Merci Koudoux!
Je ne souscris pas trop. J'ai peur que cela interfère trop sur la perception de l'oeuvre qu'il est mieux d'aborder en étant aussi vierge que possible, sans aucun a priori. Il est toujours temps de s'informer ensuite sur l'écrivain, le contexte...qui peuvent en apportant certains éclairages moduler l'appréciation et réserver des surprises Evidemment cela suppose une démarche active du lecteur ( comme l'a fait Piero).
Ce n'est que mon humble avis;-)
Ce n'est que mon humble avis;-)
J' aime aussi me documenter sur l'auteur avant de commencer la lecture.
Et après, si possible , regarder une interview en français de l'auteur afin d'améliorer ma "compréhension".
Et après, si possible , regarder une interview en français de l'auteur afin d'améliorer ma "compréhension".
Je ne souscris pas trop. J'ai peur que cela interfère trop sur la perception de l'oeuvre qu'il est mieux d'aborder en étant aussi vierge que possible, sans aucun a priori. Il est toujours temps de s'informer ensuite sur l'écrivain, le contexte...qui peuvent en apportant certains éclairages moduler l'appréciation et réserver des surprises Evidemment cela suppose une démarche active du lecteur ( comme l'a fait Piero).
Ce n'est que mon humble avis;-)
Tout à fait de cet avis ; j'avoue avoir volontairement refusé de trop me renseigner sur Maryse Condé avant la lecture et j'ai pris beaucoup de plaisir et d'interêt à le faire ensuite et de découvrir un autre aspect du livre ,et j'ai il est vrai relu plusieurs fois et c'était passionnant...bien sûr c'est un choix très personnel.
Mais une petite présentation du livre et de l'auteur est intéressante et utile certainement...
Moi je trouve que si on lit un roman, on n’a pas besoin de connaître celui qui l’a écrit. Après, si le livre a intéressé, libre au lecteur de s’informer sur l’auteur. Si c’est un livre engagé c’est différent.
Je trouve qu’actuellement on fait beaucoup trop de cas des auteurs ; il doivent paraître à la TV pour exister. Ils doivent plaire, se montrer beau parleur, sympa… Les Zola, Loti, Maupassant et autres Flaubert n’ont pas eu besoin de ça.
Je trouve qu’actuellement on fait beaucoup trop de cas des auteurs ; il doivent paraître à la TV pour exister. Ils doivent plaire, se montrer beau parleur, sympa… Les Zola, Loti, Maupassant et autres Flaubert n’ont pas eu besoin de ça.
Pour revenir sur le fond du roman...après quelques jours de décantation,-)
A NE PAS LIRE SI VOUS N'AVEZ PAS TERMINE
Je me dis qu'on a peut-être eu trop tendance à demeurer à la surface des choses en se focalisant sur ce qui ressort des vies et des comportements de tous ces personnages que l'on suit un moment dans ces différents chapitres et qui font la chair de ce roman.
Je note que certains d'entre vous semblent avoir été frustrés du fait que le personnage qui en est le fil conducteur qui les relie entre eux demeure entouré jusqu'au bout d'un certain mystère non élucidé.
Sans présumer des intentions de l'auteure, il me semble que néanmoins , et bien qu'ils demeurent plus ou moins dans l'ombre, ce sont bien Francis Sanchez et Xantippe les plus porteurs de sens. Xantippe est évoqué à plusieurs reprises comme un marginal fou de douleur jusqu'à inspirer la peur mais dont la présence plane sur cette mangrove. Ce n'est pas un hasard si Maryse Condé lui réserve l'ultime chapitre de son roman qui de ce fait abandonne le lecteur sur une impression marquante qui suscite réflexion.
Ce sont pour moi deux personnages presque allégoriques. Francis Sanchez n'incarne-t-il pas la mauvaise conscience de la classe opprimante dont il est issu ? MC nous laisse à penser que son ascendance à un moment a exploité des esclaves en Guadeloupe. Il aura eu beau toute sa vie tenté de racheter cela en s'engageant auprès des opprimés ,ç'aura été en vain et cette culpabilité qui le ronge aura eu raison de lui. Qu'importe dès lors finalement de connaître les détails exacts de son parcours ? Au contraire, le flou entretenu ne donne ici que plus de relief, de force à l'incarnation.
Quant à Xantippe, il porte lui la souffrance de ces esclaves des temps passés, la mémoire accusatrice.
"un crime s'est commis ici, ici même, dans les temps très anciens. Crime horrible dont l'odeur a empuanti les narines du Bon Dieu. Je sais où sont enterrés les corps des suppliciés (...)Personne n'a percé ce secret (...)Même pas lui(...) A chaque fois que je le rencontre, le regard de mes yeux brûle les siens et il baisse la tête, car ce crime est le sien. Le sien (...) je ne lui ferai rien, le temps de la vengeance est passé ".
Le temps de la vengeance est passé mais la mémoire de l'esclavage demeure comme une tâche indélébile sur le blanc dont il ne pourra jamais s'exonérer. N'est-ce pas finalement à un niveau de lecture plus profond de son roman ce que Maryse Condé voulait nous dire ?
????
Myrco, je comprends tes ???
Mais tu comprendras que, quand la conversation tourne au vinaigre, on a plutôt envie de tourner la page.
Mais pour te répondre j’ai tourné la page en sens inverse. Et au hasard, je suis tombé sur le chapitre de Sonny et je lis : « (…) Francis Sancher (…) faisait d’une voie suppliante :
- ce n’est pas moi, ce n’est pas moi qui ai fait couler le sang avant de le pendre à la tête du mapou lélé. » etc.
Alors, on doit – on devrait – se rappeler qu’au début on nous dit qu’il avait un nom espagnol, qu’il avait une malle pleine de billets de banque, qu’il tombait les filles comme le faisait les conquérants blancs (quoi ici elles sont consentantes, si pas plus) etc, etc. Alors Francis Sancher incarnerait bien les descendants des conquistadors et il serait venu pour se faire pardonner les crimes de ses ancêtres.
Bon ! c’est sans doute ça qu’il fallait comprendre…
Mais tu conviendras que c’est un peu tirer par les cheveux et qu’un lecteur lambda n’était pas censé découvrir un sens caché dans ce qui se présente au départ comme un simple roman, qui raconte une simple histoire, aux allures folkloriques, et qui se passe au pays exotique de la Guadeloupe.
En tout cas, celui qui n’a pas compris n’était obligatoirement « de mauvaise foi ».
Mais tu comprendras que, quand la conversation tourne au vinaigre, on a plutôt envie de tourner la page.
Mais pour te répondre j’ai tourné la page en sens inverse. Et au hasard, je suis tombé sur le chapitre de Sonny et je lis : « (…) Francis Sancher (…) faisait d’une voie suppliante :
- ce n’est pas moi, ce n’est pas moi qui ai fait couler le sang avant de le pendre à la tête du mapou lélé. » etc.
Alors, on doit – on devrait – se rappeler qu’au début on nous dit qu’il avait un nom espagnol, qu’il avait une malle pleine de billets de banque, qu’il tombait les filles comme le faisait les conquérants blancs (quoi ici elles sont consentantes, si pas plus) etc, etc. Alors Francis Sancher incarnerait bien les descendants des conquistadors et il serait venu pour se faire pardonner les crimes de ses ancêtres.
Bon ! c’est sans doute ça qu’il fallait comprendre…
Mais tu conviendras que c’est un peu tirer par les cheveux et qu’un lecteur lambda n’était pas censé découvrir un sens caché dans ce qui se présente au départ comme un simple roman, qui raconte une simple histoire, aux allures folkloriques, et qui se passe au pays exotique de la Guadeloupe.
En tout cas, celui qui n’a pas compris n’était obligatoirement « de mauvaise foi ».
Je comprends certains mouvements d'humeur mais il me paraît dommage de trop s'en formaliser;-)
Aussi je te remercie sincèrement de bien vouloir me répondre et relancer les commentaires sur le livre lui-même qui est bien l'objet de ce fil , en espérant que d'autres suivront.
(
Je ne remonterais pas aussi loin que toi jusqu'aux conquistadors...pour moi c'est une référence seulement à l'exploitation des noirs par les blancs esclavagistes.
C'est le chapitre "Xantippe" qui m'a vraiment ouvert les yeux bien que ce thème soit inscrit depuis le début dans les propos plus ou moins mystérieux de Sancher.
Cela n'empêche pas que de nombreux autres thèmes soient évoqués ce qui fait de ce roman une oeuvre riche je trouve.
Aussi je te remercie sincèrement de bien vouloir me répondre et relancer les commentaires sur le livre lui-même qui est bien l'objet de ce fil , en espérant que d'autres suivront.
(
Je ne remonterais pas aussi loin que toi jusqu'aux conquistadors...pour moi c'est une référence seulement à l'exploitation des noirs par les blancs esclavagistes.
C'est le chapitre "Xantippe" qui m'a vraiment ouvert les yeux bien que ce thème soit inscrit depuis le début dans les propos plus ou moins mystérieux de Sancher.
Cela n'empêche pas que de nombreux autres thèmes soient évoqués ce qui fait de ce roman une oeuvre riche je trouve.
Myrco j'ai toujours pensé que Maryse Condé donnait à son "roman" un sens beaucoup plus profond que les "simples" portraits ; pour moi ils sont tous porteurs du sens de cette Traversée.
Oui bien sûr tu as raison concernant Francis Sancher , je l'ai ressenti aussi, il est porteur de cette "tâche indélébile " que les errements et les tentatives de rédemption en quelque sorte n'ont pas permises de compenser. C'est pourquoi pour moi l'auteure se sert de ce personnage , désespéré, condamné aussi bien par la maladie que par la culpabilité , sorte de négatif que la photo de groupe de ce village représente, comme révélateur...
Pour Xantippe , personnage qui m'a également profondément marquée, la phrase que tu cites est extrêmement forte et le coeur même de cette Traversée de Mangrove puisque tout est enfoui mais ne pourra jamais être oublié ; Même si le "temps de la vengeance est passé" la mémoire, elle, doit jouer son rôle pour l'éternité ; Maryse Condé a écrit pour cette mémoire, pour transmettre . Elle n'a cessé elle aussi de rechercher en Afrique les origines de cet esclavage pour comprendre cette inhumanité , parce que, et j'ai trouvé cela assez surprenant , de par son milieu bourgeois, elle n'avait pas vraiment conscience. Le fait de revenir sur ces lieux en Guadeloupe par cette traversée a dû être pour elle une sorte d'épreuve car elle a découvert des aspects qui l'ont sans doute déçue mais dont elle a compris aussi à quel point la colonisation et la politique menée avaient dégradé l'ïle .
Pourtant je n'ai pas senti le besoin de victimisation, les personnages de par leurs vies font une sorte d'état des lieux que j'ai trouvé humainement très fort ; Pourquoi cherchent-ils à trouver une explication ou une cause à leurs problèmes par l'intermédiaire de ce Francis Sancher ? Parce que peut-être quelque part ils ont été perdus, n'ont pas vraiment compris le sens de leur vie, de leurs combats à cause d'un sentiment d'impuissance, peut-être aussi comme si leur ïle leur avait échappée.
Et pour cela pas besoin d'obligatoirement se renseigner sur l'auteur , ça se sent, dans le fonctionnement des familles, dans ceux du passé qui interfèrent sur ceux du présent, dans la souffrance des épreuves subies, le besoin d'amour et d'amitié pour compenser un mal être indéfinissable, mais aussi dans l'attachement à une nature qui devient refuge ou besoin de liberté...
Oui bien sûr tu as raison concernant Francis Sancher , je l'ai ressenti aussi, il est porteur de cette "tâche indélébile " que les errements et les tentatives de rédemption en quelque sorte n'ont pas permises de compenser. C'est pourquoi pour moi l'auteure se sert de ce personnage , désespéré, condamné aussi bien par la maladie que par la culpabilité , sorte de négatif que la photo de groupe de ce village représente, comme révélateur...
Pour Xantippe , personnage qui m'a également profondément marquée, la phrase que tu cites est extrêmement forte et le coeur même de cette Traversée de Mangrove puisque tout est enfoui mais ne pourra jamais être oublié ; Même si le "temps de la vengeance est passé" la mémoire, elle, doit jouer son rôle pour l'éternité ; Maryse Condé a écrit pour cette mémoire, pour transmettre . Elle n'a cessé elle aussi de rechercher en Afrique les origines de cet esclavage pour comprendre cette inhumanité , parce que, et j'ai trouvé cela assez surprenant , de par son milieu bourgeois, elle n'avait pas vraiment conscience. Le fait de revenir sur ces lieux en Guadeloupe par cette traversée a dû être pour elle une sorte d'épreuve car elle a découvert des aspects qui l'ont sans doute déçue mais dont elle a compris aussi à quel point la colonisation et la politique menée avaient dégradé l'ïle .
Pourtant je n'ai pas senti le besoin de victimisation, les personnages de par leurs vies font une sorte d'état des lieux que j'ai trouvé humainement très fort ; Pourquoi cherchent-ils à trouver une explication ou une cause à leurs problèmes par l'intermédiaire de ce Francis Sancher ? Parce que peut-être quelque part ils ont été perdus, n'ont pas vraiment compris le sens de leur vie, de leurs combats à cause d'un sentiment d'impuissance, peut-être aussi comme si leur ïle leur avait échappée.
Et pour cela pas besoin d'obligatoirement se renseigner sur l'auteur , ça se sent, dans le fonctionnement des familles, dans ceux du passé qui interfèrent sur ceux du présent, dans la souffrance des épreuves subies, le besoin d'amour et d'amitié pour compenser un mal être indéfinissable, mais aussi dans l'attachement à une nature qui devient refuge ou besoin de liberté...
En parlant de grands disparus, je viens de recevoir un livre sur Bernanos :
Bernanos pèlerin infatigable de l'espréancee de Christian Charrière-Bournazel chez Editions Marie-romaine, c'est très pointu, je vais essayer de pondre une critique.
Bernanos pèlerin infatigable de l'espréancee de Christian Charrière-Bournazel chez Editions Marie-romaine, c'est très pointu, je vais essayer de pondre une critique.
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