Dragon bleu, tigre blanc de Xiaolong Qiu
(Shanghai redemption)
Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Anglophone

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Magouilles et digressions poétiques
« Dragon bleu, tigre blanc » est le 4e livre de Qiu que je lis. Comme les précédents, il se déroule dans la Chine actuelle et met en scène un inspecteur de police, Chen et des personnages secondaires, la plupart déjà présents dans les autres romans. L’intrigue est très mince, quasi inexistante puisqu’elle est essentiellement basée sur un état de fait présent dès le début du bouquin : Chen a été mis sur une voie de garage via une « promotion » et est menacé de mort. Il va suivre les indices qui entrent en sa possession et enquêter sur des faits qui lui semblent avoir un rapport, être déterminants dans sa disgrâce. « Dragon » est donc, comme pour les autres romans, un prétexte à décrire l’émergence galopante de ce pays, la réussite extraordinaire des uns à côté de la pauvreté des autres, la corruption infernale qui gangrène le pays à tous les niveaux de pouvoir y compris dans la police, bien entendu.
Au détour des pages, l’auteur montre donc notre inspecteur dans ses recherches mais il se laisse souvent aller à illustrer le récit avec de nombreuses digressions sur ses hobbys : la cuisine chinoise, la poésie et les proverbes. Parmi ces derniers, celui que j’ai préféré et qui est également le préféré d’un des personnages « Vieux chasseur » car il le répète plusieurs fois quand il a « l’impression d’attendre près d’un arbre qu’un lapin vienne s’assommer contre le tronc ». Le fil du roman réside donc certainement -en partie du moins- dans ces citations mais personnellement, j’ai trouvé que poèmes et proverbes alourdissaient plutôt une intrigue déjà bien compliquée à suivre avec tous ces personnages aux noms à 3 ou 4 lettres. De ce fait, je n’ai apprécié que moyennement cette œuvre de Mr Qiu -en tout cas moins que les précédents.
Mais pour celles et ceux qui n’ont jamais lu d’aventures de Chen et compagnie, peut-être que le roman sera parfaitement apprécié !
Qui trop embrasse mal étreint ?
Les éditions
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Dragon bleu, tigre blanc [Texte imprimé] Qiu Xialong traduit de l'anglais (États-Unis) par Adélaïde Pralon
de Qiu, Xiaolong Pralon, Adélaïde (Traducteur)
Points / Points (Paris)
ISBN : 9782757852118 ; EUR 7,40 ; 27/05/2015 ; 336 p. ; Poche
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9ème opus de la série Inspecteur Chen

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 68 ans) - 9 février 2025
Pour autant, si ses constats sont lucides, il est modérément critique sur l’attitude des dirigeants en place. La corruption est quand même une de ses cibles, ainsi que le népotisme et l’arbitraire.
Pour qui lit des polars pour mieux connaître les sociétés et mœurs d’autres pays, d’autres civilisations, cet ouvrage est un bonheur de lecture.
Modérément critique ? C’est de moins en moins vrai au fil des ouvrages de la série qui permet de lever un peu le voile opaque sur un pays géré de manière autocratique par des dirigeants conservateurs à l’extrême qui se disent communistes !
D’ailleurs, dans cet épisode, l’inspecteur Chen Cao est sur un siège éjectable. Bien que membre du Parti Communiste Chinois, un préalable indispensable pour qui veut la moindre chance de réussite, Chen Cao est maintenant ex-inspecteur principal. Il a été « promu », c’est vrai un cran au-dessus, Directeur de la Commission de réforme juridique de Shanghaï. Mais en réalité on l’a surtout éloigné de ses prérogatives policières pour l’enfermer dans un placard, une procédure qui semble courante au pays où perdre la face est pire que tout.
Chen n’est pas dupe, d’autant qu’il échappe de peu à une machination, semble-t-il assez courante quand on veut discréditer quelqu’un en Chine, il a failli être pris en flagrant délit en compagnie d’escort-girls lors d’une séance littéraire dédié à son héros, l’américain T.S. Eliot (Chen, outre son activité policière est poète revendiqué et traducteur de T.S. Eliot), dans laquelle il était l’intervenant principal.
Il est clair qu’on veut l’éloigner de son pouvoir de policier, voire même l’éliminer. Problème : il ne voit pas bien qui il peut gêner à ce point et pourquoi ? Seule certitude, vus les moyens mis en œuvre, il s’agit de quelqu’un très haut placé.
Il lui faut donc jouer au chat et à la souris et compter sur son réseau pour mener sa propre enquête en sous-main afin d’éviter d’être éliminé.
Pour tout dire ce roman est plutôt crépusculaire mais rassurez-vous, on n’est pas dans la vraie vie et le « prince rouge » qui veut sa peau ne l’aura pas.
Il est dit que ce roman s’inspire de l’affaire Bo Xilai, « prince rouge » des années 2007 à 2012 pendant lesquelles il fut Ministre du Commerce chinois et virulent responsable communiste de Chongqing, organisant un virage néo-maoïste dans sa province, et rattrapé in fine par les multiples « affaires » dans lesquelles il trempa, lui et son épouse.
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